Portraits
Des femmes et des hommes engagés dans la Résistance
Naissance
1891 à Rieux (Morbihan)
Décès
1945 en déportation
Profession
Agriculteur
Engagement
Réseau VAR avec son frère Aristide
Prosper Thébault
Agriculteur Résistant
Prosper Thébault a 48 ans à la déclaration de guerre en 1939. Il est alors un homme mûr qui a déjà assumé de lourdes responsabilités.
Il est le deuxième enfant du couple formé par Prosper Thébault, père, et Victoire Beucher et le premier des garçons. La fratrie se compose de six enfants. Son père, fermier au Plessis Limur en Rieux depuis la fin des années 1880, a une culture militaire et un tempérament affirmé. Il élève ses enfants dans le respect de la patrie et ils vont tous à l’école de la République.
Quand il meurt en 1918, Prosper a 27 ans. Il devient chef de famille et prend la direction de l’exploitation de 17 hectares. C’est lui qui va inciter sa mère à racheter le domaine et le manoir du 14ème siècle. Ils deviennent donc propriétaires en 1919 et entre polyculture et élevage continuent d’exploiter la ferme dans les paisibles années d’après-guerre.
La défaite de 1940 va raviver sa ferveur patriotique. Le réseau VAR actif à Redon en 1943 après avoir fui la région rennaise est à nouveau sous les menaces de la Gestapo et des arrestations. Il cherche des points d’appui et de nouvelles caches dans la campagne environnante. Quelques personnes de Saint Jean la Poterie sont contactés dont Robert. Roret, patron de la faÏencerie. Il est vraisemblable que c’est par lui que le lien s’établit courant 1943 avec Prosper Thébault dont la ferme est située bien à l’abri des regards.
C’est ainsi que Prosper s’engage dans la Résistance avec son frère Aristide. Son neveu de 19ans, Jean, menacé à Paris par le STO, se joint à eux à son arrivée à la ferme, dans la même période.
La surveillance des alentours et le Renseignement, les parachutages et récupérations de matériel, l’hébergements de deux aviateurs américains, l’accueil à la ferme du radio « Gilbert » qui communique avec Londres, toutes ces actions constituent le quotidien jusqu’au jour fatidique du 17 juin 1944.
La Gestapo et la Milice pénètrent à l’aube à la ferme, arrêtent les hommes, font sortir les bêtes et incendient la maison d’habitation et ’antique manoir.
Prosper sera déporté au camp de Neuengamme-Matricule 40589- et affecté avec son frère, Aristide, à Osterort près de Brême. Dix mois de traitements inhumains destinés à l’asservissement et à l’anéantissement des hommes auront raison de sa force physique et de son esprit de résistance.
Il décède du typhus au mouroir de Sandbostel le 12 mai 1945 et sera enterré dans une des fosses communes.
Quelques lettres reçues de camarades déportés après la guerre témoignent d’un homme ouvert et combatif, toujours prêt à rendre service. Il aura toujours le souci de son frère de qui il s’occupera jusqu’au bout alors que ce dernier aura une crise nerveuse peu de temps avant la libération du camp par l’armée britannique. A bout de forces, il aidera un camarade à porter et soutenir M. Deplantay, grand résistant de Redon, également à Sandbostel.
Son désir ardent de revoir sa ferme et de reconstruire ne se réalisera pas. Il aura cependant participé avec toute cette armée de l’ombre de la Résistance à défendre les valeurs qui lui étaient chères.
